La pluie tambourinait sur la capuche… et on a souri
Le vent vous pousse de travers, la pluie vous fait un bruit de tambour sur la capuche, et vos gants sentent déjà l’algue froide. Devant, une vallée s’ouvre comme un grand bol de mousse et de pierre noire, avec une rivière laiteuse qui n’a aucune intention de coopérer. Et là, sans raison logique, on se met à sourire. Bienvenue en Islande version trekking : celle où la nature n’est pas un décor, mais un personnage principal, parfois bougon, souvent magnifique, toujours à prendre au sérieux.Dans cet article, je vous propose un décryptage des itinéraires de randonnée les plus sauvages d’Islande, ceux qui donnent cette sensation rare de marcher « hors du monde »… sans pour autant jouer à la roulette russe météo. On va parler vraies distances, logistique, refuges (ou absence de), rivières à gué, budget, sécurité, et de ce détail qui change tout : votre autonomie. *Et oui, même si vous avez déjà « fait un trek » dans les Alpes, ici on remet un petit peu d’humilité dans le sac.*
Ce que « sauvage » veut dire en Islande (et pourquoi c’est différent)
En Islande, le mot « sauvage » ne signifie pas forcément « loin de tout » au sens de jungle impénétrable. Il signifie plutôt :- Peu ou pas d’infrastructures (pas de villages, pas d’épicerie au prochain col, parfois pas de réseau).
- Météo volatile : on peut passer du soleil à la neige humide en moins d’une heure, même en été. Les services météo islandais (notamment le Met Office) rappellent régulièrement la rapidité des changements, surtout en zone montagneuse et sur les hauts plateaux.
- Terrain exigeant : sable volcanique qui fatigue les mollets, lave coupante, névés tardifs, gués non pontés.
- Isolement réel : sur certaines péninsules et dans l’intérieur, croiser un autre randonneur peut devenir un événement social (presque gênant, du coup on fait tous semblant d’avoir toujours vécu là).
- Quelle est ma marge de sécurité si je dois rester bloqué une journée ? (nourriture, gaz, vêtements secs)
- Comment je gère l’eau (glaciaire, cendre, zones sans sources) ?
- Quel est mon plan B si un gué est impraticable ?
Le choix de l’itinéraire : 6 treks sauvages (du plus accessible au plus engagé)
Pour éviter la liste « catalogue », je vous propose 6 itinéraires qui couvrent différents niveaux d’engagement. Je précise quand c’est utile : la disponibilité des bus varie chaque année, les dates d’ouverture des routes intérieures aussi (les routes F des Hautes Terres sont très dépendantes de la fonte des neiges et de l’état des gués). Avant de partir, vérifiez toujours les informations officielles locales (autorités routières et secours).| Itinéraire | Ambiance | Accès/logistique | Autonomie | Points d’attention |
|---|---|---|---|---|
| Laugavegur (+ Fimmvörðuháls) | Rhyolite, sources chaudes, cendres et glaciers | Très balisé, refuges/camps | Modérée | Affluence, météo, gués selon saison |
| Kerlingarfjöll | Géothermie, montagnes ocres, vapeur | Accès Hautes Terres (souvent bus/4x4) | Modérée à élevée | Brouillard, froid, orientation |
| Landmannalaugar hors-sentiers classiques | Plateaux, coulées de lave, solitude à deux vallées d’écart | Base facile, variantes plus isolées | Élevée selon boucle | Navigation, météo, zones peu fréquentées |
| Hornstrandir (Westfjords) | Falaises, renards, fjords sans routes | Bateau obligatoire | Élevée | Isolement, brume, peu d’abris |
| Askja et l’Ódáðahraun | Désert volcanique, cratères, immensité | Route intérieure, accès technique | Très élevée | Eau rare, orientation, distance |
| Lónsöræfi | Vallées secrètes, rivières, vues sur le Vatnajökull | Est plus discret, accès parfois délicat | Élevée | Gués, terrain, météo |
On détaille tout ça, avec une logique simple : où est le “sauvage” ? Dans la distance aux secours, l’absence de ponts, la rareté des points d’eau, ou la navigation ? Souvent, c’est un cocktail.
1) Laugavegur + Fimmvörðuháls : le classique… qui peut rester sauvage si on le fait bien
Oui, c’est un itinéraire très connu. Non, ça ne veut pas dire qu’il est « facile ». Le Laugavegur relie généralement Landmannalaugar à Þórsmörk, et beaucoup ajoutent Fimmvörðuháls jusqu’à Skógar. C’est un trek balisé, avec refuges et zones de camping, ce qui en fait une excellente porte d’entrée vers la rando islandaise.Pourquoi c’est intéressant pour amateurs de plein air
Parce qu’en quelques jours on traverse des ambiances qui, ailleurs, demanderaient un mois et une thèse en géologie : rhyolite colorée, sable noir, vallées vertes, langues glaciaires. Et parce qu’on apprend vite à gérer : vent, pluie horizontale, froid qui s’invite en plein mois de juillet (oui, ça arrive).Comment le rendre plus “plein air” et moins “file indienne”
- Partir tôt le matin : vous gagnez une solitude réelle sur les premières heures.
- Dormir en tente même si vous réservez parfois un refuge : la tente vous donne de la flexibilité.
- Allonger ou décaler : certains segments peuvent être rallongés selon la forme et les conditions, mais gardez une marge météo.
Conseils terrain
- Gestion de l’humidité : prévoyez une paire de chaussettes “sèches de survie” qui ne sort que le soir. C’est bête, c’est le bonheur.
- Gués : selon la saison, certains cours d’eau peuvent être plus ou moins simples. Déchaussez, utilisez des sandales/chaussons dédiés, et ne traversez jamais si vous ne le sentez pas. Attendre une heure peut tout changer.
- Affluence : sur ce trek, la « solitude » se gagne par le timing et le comportement. On respecte les zones de camping, on limite le bruit. *Et on évite de transformer le refuge en salle de séchage de 14 paires de chaussettes sur le poêle, même si c’est tentant.*
2) Kerlingarfjöll : marcher dans la vapeur, apprendre à s’orienter
Kerlingarfjöll, c’est la géothermie en version montagnes : pentes ocres, fumerolles, odeur de soufre (pas glamour, mais mémorable), et brouillard qui peut tomber comme un rideau de théâtre. On n’est pas forcément loin en kilomètres d’un point d’accès, mais on est vite dans une ambiance « hauts plateaux » où l’orientation et le froid comptent.Ce qui rend l’endroit exigeant
- Visibilité : le brouillard peut effacer les reliefs et les repères.
- Terrain : sols parfois meubles, pentes humides, alternance de neige résiduelle et de boue.
- Température : même en été, une couche chaude n’est pas négociable.
Astuces concrètes
- Navigation : carte + trace + boussole (et savoir s’en servir). Le GPS du téléphone, c’est un bonus, pas une assurance-vie.
- Timing : démarrez tôt, pour éviter de chercher votre chemin en fin de journée quand la fatigue vous rend moins lucide.
- Respect des zones chaudes : la géothermie, ce n’est pas une aire de jeux. On reste sur les sentes, on évite les zones instables.
3) Landmannalaugar… mais en version grands espaces : variantes et boucles plus isolées
Landmannalaugar est souvent réduit à un camp de base. Pourtant, dès qu’on s’éloigne un peu des sentiers les plus fréquentés, le silence revient vite. L’intérêt ici, c’est de construire une boucle ou une variante qui garde la magie des couleurs, tout en ajoutant ce petit frisson d’autonomie : moins de monde, moins de traces, plus de décisions à prendre.Ce qu’il faut comprendre avant de improviser
- Les Hautes Terres : on est sur un territoire où le balisage peut être plus discret selon les zones, et où la météo peut verrouiller des passages.
- Les rivières : certaines zones impliquent des gués. Le débit varie avec la fonte et les pluies.
- La fragilité des sols : mousse et cendres sont très sensibles. Le tourisme responsable ici, c’est d’abord la discipline de vos pas.
Ma méthode simple pour “décrypter” une variante
- Repérer les points d’eau fiables (et les zones où l’eau peut être chargée en sédiments glaciaires).
- Compter les heures, pas juste les kilomètres : sable + vent + gués = rythme plus lent.
- Prévoir une journée tampon si votre itinéraire dépend d’un passage exposé.
- Avoir un demi-tour acceptable : un itinéraire “sauvage” intelligent est un itinéraire où renoncer ne vous met pas en danger.
Et si votre meilleure nuit en Islande, c’était justement celle où vous n’avez “rien fait” à part écouter le vent, manger un truc chaud et vous endormir tôt, sans réseau, avec la toile qui claque ?
4) Hornstrandir : l’Islande sans routes (et avec des renards curieux)
Hornstrandir, dans les Westfjords, c’est un parc naturel accessible en bateau, sans routes, avec des falaises, des vallées et une vraie sensation de bout du monde. Le “sauvage” ici, c’est d’abord la logistique : vous dépendez d’une traversée, d’horaires, et d’une météo maritime.Ce qui fait la magie (et la prudence) de Hornstrandir
- Isolement : pas de magasin, pas de village où “compléter les pâtes”. Vous êtes autonome.
- Faune : le renard arctique est souvent cité comme l’emblème du coin. On l’observe à distance, sans le nourrir, sans chercher l’interaction.
- Conditions : brume, pluie, vent. Les repères peuvent disparaître vite.
Logistique : ce que vous devez anticiper
- Aller-retour bateau : gardez une marge de sécurité. Une mer agitée peut décaler un retour (ce n’est pas une “anecdote”, c’est une possibilité).
- Cartographie : avoir une carte fiable et savoir lire le terrain est un vrai confort.
- Alimentation : privilégiez des repas simples, denses en calories, que vous savez manger même quand vous avez froid et que tout est humide.
Petit aparté nordiste
Si vous pensez que “j’ai déjà eu du vent sur la Côte d’Opale” vous prépare à Hornstrandir… disons que ça aide moralement, mais ça ne remplace pas une bonne veste.
Hornstrandir, c’est un trek que je recommande aux randonneurs déjà à l’aise avec l’autonomie et le fait de ne pas “optimiser” chaque journée. Là-bas, la météo décide parfois du programme. Et on apprend à composer.5) Askja et les déserts volcaniques : l’aventure intérieure, littéralement
Askja est un massif volcanique au cœur des Hautes Terres. Le décor peut devenir lunaire : grandes étendues de lave, cendre, cratères. Le “sauvage” ici tient à une combinaison : immensité + peu d’eau + accès technique.Pourquoi c’est un niveau au-dessus
- Éloignement : on parle d’intérieur islandais, avec des routes qui peuvent être difficiles selon les conditions.
- Rareté des ressources : l’eau peut être plus rare et/ou chargée en particules selon les zones, et les abris naturels sont limités.
- Orientation : le paysage, parfois monotone, peut compliquer la lecture du terrain.
Règles d’or si vous rêvez d’Askja
- Ne pas sous-estimer le froid : l’altitude et le vent refroidissent vite.
- Planifier l’eau : savoir où remplir, combien porter, et comment traiter si besoin (filtration/ébullition selon la qualité).
- Être prêt à renoncer : sur ce type d’itinéraire, renoncer n’est pas un échec, c’est une compétence.
Askja n’est pas “juste un beau trek”. C’est un engagement. Si vous cherchez un terrain d’aventure où l’on se sent petit (dans le bon sens), c’est une piste. Mais elle demande une préparation solide et, selon votre expérience, un cadrage prudent.
6) Lónsöræfi : la pépite discrète pour randonneurs qui aiment les vallées secrètes
Lónsöræfi, à l’est, est souvent cité par des randonneurs comme une zone plus confidentielle, avec de belles vallées et des vues vers le Vatnajökull. Le “sauvage” ici est subtil : on n’est pas forcément dans le désert absolu, mais dans une région moins fréquentée, où la logique des gués et la lecture de terrain comptent beaucoup.Pourquoi ça plaît aux amateurs de trekking
- Moins de monde que sur les grands classiques.
- Relief varié : vallées, rivières, pentes, panoramas glaciaires.
- Ambiance “backcountry” sans forcément partir sur des semaines.
À anticiper
- Gués : informez-vous localement sur les conditions, et gardez du temps pour attendre un niveau d’eau plus bas.
- Météo : l’est peut être changeant, et les nuages accrochent les reliefs.
- Autonomie : nourriture, couchage, vêtements, et gestion du rythme.
Sécurité : gués, météo, orientation… la trilogie qui décide de votre trek
On peut avoir les plus belles chaussures du monde, si on se trompe sur ces trois paramètres, l’Islande vous le rappellera sans lettre recommandée.1) Les gués
- Traversez tôt : le débit est souvent plus bas le matin (moins de fonte glaciaire cumulée).
- Desserez la ceinture du sac : pouvoir larguer votre sac en cas de chute, c’est de la sécurité.
- Technique : bâtons, appuis stables, progression face au courant, et jamais de précipitation.
- Décision : si c’est au-dessus du genou avec courant fort, si l’eau est trouble et que vous ne lisez pas le fond, si vous hésitez trop… c’est souvent un non.
2) La météo
- Lire les signaux : vent qui monte, nuages qui s’accrochent, baisse rapide de température.
- Accepter l’arrêt : une journée sous tente/refuge, ce n’est pas du temps perdu, c’est parfois ce qui vous permet de rentrer entier.
- Système de couches : base respirante, couche chaude, protection pluie/vent. Et des gants, oui, même en été.
3) L’orientation
- Ne dépendre d’un seul outil : téléphone + batterie externe, oui, mais aussi carte et compétences.
- Tracer des points de contrôle : cols, rivières, ruptures de pente. On avance de repère en repère.
- Se méfier du “tout droit” : dans la brume, “tout droit” devient souvent “un peu à gauche, puis beaucoup”.
Matériel : la liste réaliste (celle qui évite de finir en serpillière)
Je vous épargne la liste “catalogue” et je vais droit au utile, testé et re-testé par des randonneurs en milieux humides et venteux.Vêtements
- Veste imperméable fiable et coupe-vent (capuche qui tient, zips solides).
- Pantalon de pluie : en Islande, il sert plus souvent qu’on ne voudrait l’admettre.
- Couche chaude (polaire ou doudoune) + bonnet et gants.
- Chaussettes : deux paires “marche”, une paire “soir”.
Couchage
- Tente qui résiste au vent (arceaux solides) + piquets adaptés (sol parfois meuble).
- Sac de couchage adapté aux nuits froides possibles en été (la sensation de froid est amplifiée par l’humidité).
- Matelas isolant : on dort sur un sol qui peut être glacé, même quand il fait jour 20 heures.
Cuisine et eau
- Réchaud + pare-vent, parce que cuisiner dans un coup de vent, c’est une discipline zen.
- Capacité d’eau modulable (bouteilles + poche) selon les sections.
Sécurité et navigation
- Trousse minimale (ampoules, strap, pansements, anti-inflammatoire si vous en utilisez habituellement).
- Carte et boussole, et savoir les utiliser.
- Lampe frontale : même si les nuits sont claires, elle aide en brouillard et en camp.
Le vrai luxe, en Islande, ce n’est pas la légèreté absolue. C’est de rester au sec assez longtemps pour garder le moral.
Budget : à quoi s’attendre (et où on peut vraiment économiser)
Je ne vais pas vous inventer des prix au centime près : en Islande, les coûts bougent selon la saison, le taux de change et les disponibilités. En revanche, on peut poser des postes de dépense et des leviers concrets.Les gros postes
- Transport : bus vers les zones de trek (souvent saisonniers), bateau pour Hornstrandir, ou location de véhicule (les routes intérieures peuvent exiger un véhicule adapté selon réglementation et conditions).
- Hébergement : camping, refuges (si vous choisissez de dormir en dur), guesthouses avant/après.
- Nourriture : faire ses courses en ville avant de partir change tout ; sur place, l’offre est limitée et plus chère.
- Équipement : acheter sur place peut coûter cher ; mieux vaut venir équipé (ou louer selon votre situation).
Économies réalistes (sans se mettre en danger)
- Ravitaillement intelligent : privilégiez des aliments denses et simples (flocons, pâtes, purées, noix, fromage qui tient).
- Camping plutôt que refuge, quand la météo le permet et si vous êtes à l’aise (mais gardez une marge : parfois, payer un refuge pour sécher, c’est une décision de sécurité).
- Éviter les achats “d’oubli” : gants, bonnet, surpantalon… ces petits oublis deviennent coûteux.
- Voyage lent : rester plus longtemps au même endroit (et marcher) coûte souvent moins cher que multiplier les transferts.
Sur Les ch’tis trotteurs, on aime bien les budgets qui sentent le réel : ceux qui prévoient une marge. En Islande, la marge n’est pas une coquetterie, c’est votre tranquillité.
Tourisme responsable en trek : les gestes qui comptent vraiment
En Islande, la nature semble robuste… jusqu’à ce qu’on voie une mousse piétinée qui met des années à se reconstituer. Le tourisme responsable en randonnée, ce n’est pas un slogan : c’est une discipline de détails.- Rester sur les sentiers quand ils existent, surtout en zones fragiles (mousses, sols volcaniques).
- Ne pas créer de nouvelles traces : marcher en file, éviter d’élargir le sentier.
- Gérer ses déchets : tout repartir, y compris les restes alimentaires. Oui, même la peau d’orange (elle ne “disparaît” pas comme par magie dans le froid).
- Respecter la faune : observer à distance, ne pas nourrir, ne pas poursuivre pour une photo.
- Discrétion au camp : bruit, lumière, et respect des autres randonneurs. Le silence fait partie du voyage.
Et si on se donnait un objectif simple : laisser l’endroit comme si on n’avait fait que passer… alors que, nous, on en sort un peu changé ?
Petite stratégie d’itinéraire : comment choisir selon votre niveau d’autonomie
Si vous hésitez entre deux treks, ne choisissez pas seulement selon les photos. Choisissez selon votre capacité d’autonomie et votre tolérance à l’imprévu.Profil 1 : “Je veux du grand air, mais j’aime quand c’est balisé”
- Orientez-vous vers Laugavegur et ses extensions.
- Objectif : apprendre la gestion du froid, du vent et de l’humidité avec une logistique relativement cadrée.
Profil 2 : “Je suis à l’aise en rando, je veux moins de monde”
- Regardez Kerlingarfjöll ou des variantes autour de Landmannalaugar.
- Objectif : travailler l’orientation et l’autonomie progressive.
Profil 3 : “Je veux l’Islande sans routes, je suis prêt à dépendre de la météo”
- Hornstrandir est un candidat sérieux.
- Objectif : gérer l’isolement + logistique bateau + bivouac en conditions humides.
Profil 4 : “Je cherche l’intérieur brut et je sais ce que je fais”
- Askja (et plus largement certaines zones des Hautes Terres) demande une préparation très sérieuse.
- Objectif : navigation, gestion de l’eau, anticipation, renoncements intelligents.
Le bon trek, ce n’est pas celui qui impressionne. C’est celui qui vous laisse de la place pour savourer, parce que vous n’êtes pas en train de “survivre” à votre propre itinéraire.
FAQ trekking sauvage en Islande
Quelle est la meilleure période pour un trek en Islande ?
La plupart des treks se font en été, quand les accès sont ouverts et que la neige recule. Mais même en été, la météo peut être froide et instable. Vérifiez l’ouverture des routes et l’état des sentiers avant de partir.
Faut-il un 4x4 pour accéder aux treks ?
Pas toujours. Certains départs sont accessibles en bus saisonnier (ou via des accès routiers classiques), tandis que les Hautes Terres et les routes F peuvent nécessiter un véhicule adapté selon les conditions et la réglementation. Pour Hornstrandir, c’est surtout le bateau qui dicte l’accès.
Peut-on bivouaquer librement partout ?
Les règles de camping et de bivouac varient selon les zones, la fréquentation et la protection des milieux. En Islande, il est souvent demandé d’utiliser des zones de camping désignées dans les secteurs fréquentés, et certaines zones sont très réglementées. Renseignez-vous localement et privilégiez les emplacements prévus quand ils existent.
Les gués sont-ils vraiment dangereux ?
Ils peuvent l’être. Le danger dépend du débit, de la température de l’eau, de la visibilité du fond et de votre expérience. Le bon réflexe est de traverser tôt, de ne pas y aller si vous doutez, et d’accepter d’attendre ou de faire demi-tour.
Comment éviter la foule tout en gardant un trek faisable ?
Jouez sur le timing (départ tôt), choisissez des variantes moins directes, ou ciblez des régions plus discrètes comme certaines zones de l’est. Et gardez en tête qu’en Islande, même un itinéraire connu peut offrir des moments de solitude si on marche au bon rythme.
Et maintenant, on marche où ?
Si vous deviez retenir une idée : le trekking sauvage en Islande n’est pas une question de performance, mais de choix assumés. Choisir un itinéraire à votre mesure. Choisir de partir avec une marge. Choisir de renoncer quand il faut. Et choisir de regarder longtemps un paysage qui ne cherche pas à vous séduire, mais qui finit par vous attraper quand même.Alors, plutôt falaises brumeuses de Hornstrandir, ocres fumants de Kerlingarfjöll, ou cendres silencieuses des Hautes Terres ? On prépare bien, on garde l’esprit souple… et on se laisse une chance d’avoir cette soirée rare : celle où le vent secoue la tente, où la soupe est un festin, et où on se dit, tout bas, qu’on est exactement à notre place.