Guides de destination : préparer son voyage pas à pas

Les erreurs à éviter lors de la préparation d’un trek en Islande : conseils de voyageurs aguerris

01/10/2026 14

La pluie tambourinait, et on a compris qu’on n’avait rien compris

Le bus avait deux heures de retard, la pluie tambourinait sur le toit, et dans l’air il y avait cette odeur un peu métallique qui précède les grosses rafales. On était là, tout contents, sacs bouclés, itinéraire imprimé, et la confiance un peu trop bien repassée. Dix minutes plus tard, premier coup de vent sérieux : la housse de pluie de sac se transforme en cerf-volant, et notre “petite veste imperméable” révèle qu’elle aimait surtout l’humidité… mais de loin.

Préparer un trek en Islande, ce n’est pas “préparer un trek + un k-way”. C’est apprendre à jouer avec une météo qui change vite, des distances qui se lisent en temps plutôt qu’en kilomètres, et une logistique parfois austère (pas d’épicerie au coin du sentier, pas de réseau, pas de plan B qui arrive en Uber, évidemment).

Dans cet article, je vous partage les erreurs que l’on voit revenir chez les randonneurs — et celles qu’on a faites nous-mêmes, parce qu’on apprend mieux quand on a déjà eu les chaussettes trempées. L’idée : vous aider à partir plus serein, plus autonome, et plus respectueux des lieux. On n’est pas là pour jouer les héros. On est là pour rentrer avec des souvenirs, pas des entorses.

Erreur n°1 : croire que la météo islandaise se “prévoit” comme ailleurs

En Islande, la météo a de l’humour. Parfois un humour un peu piquant, certes. Le vrai piège, c’est de regarder une prévision à J-5, de la graver dans le marbre, puis de s’obstiner. Or, même en été, les conditions peuvent passer de “marche confortable” à “on n’entend plus ses propres pensées” si le vent se lève et que la pluie s’invite de travers.

Ce qu’on voit souvent : des gens qui ont prévu des étapes longues en pensant marcher à leur allure habituelle, et qui finissent à lutter contre le vent, à ralentir, à se refroidir… et à consommer beaucoup plus d’énergie.

Ce qui marche sur le terrain

Petit aveu : on a déjà “tenu” une étape parce qu’elle était écrite sur une feuille. La feuille, elle, n’avait pas pris le vent en pleine face.

Erreur n°2 : sous-estimer le vent (et tout ce qu’il déclenche en cascade)

Le vent islandais n’est pas un détail. Il influence votre équilibre, votre vitesse, votre fatigue, votre sécurité près des falaises ou des gués, et même votre moral (oui, oui). Il peut aussi rendre certains équipements inutilisables : un poncho qui claque, une capuche mal ajustée, une tente qui se transforme en voile.

Conséquences concrètes qu’on voit trop souvent

Préparer sans se raconter d’histoires

Erreur n°3 : partir trop lourd… ou partir “trop léger” (le vrai duel)

On a tous croisé ce randonneur qui porte sa maison, son frigo, et probablement une enclume par sécurité. Et à l’inverse, celui qui part comme pour une promenade dominicale, convaincu que “ça ira”. En Islande, les deux approches se payent.

Trop lourd : vous fatiguez, vous augmentez les risques de douleur (genoux, dos), et vous devenez lent — ce qui, dans une fenêtre météo courte, peut devenir un problème de sécurité.

Trop léger : vous perdez votre marge de manœuvre quand ça se gâte (froid + pluie + vent). Et c’est là que l’Islande rappelle calmement qu’elle n’a pas signé pour votre minimalisme.

Une règle simple qui aide vraiment

Tableau : erreurs d’équipement fréquentes et corrections pragmatiques

Erreur fréquente Pourquoi c’est un problème Alternative réaliste
Chaussures neuves juste avant le départ Ampoules + douleurs = rythme cassé, moral en berne Rodage progressif + chaussettes adaptées + pansements/straps
Imperméable “ville” Fuite aux coutures, capuche instable, condensation Veste pluie randonnée + réglages (capuche, poignets, ourlet)
Poncho dans le vent Prend le vent, gêne la marche, mouille par dessous Veste pluie + surpantalon + housse de sac efficace
Un seul “gros pull” coton Le coton garde l’humidité, refroidit Système 3 couches (base respirante, isolant, protection)
Tente montée sans haubans Risque de casse/arrachement en rafales Haubanage complet + orientation + ancrages adaptés

Et non, “je prendrai un jean, c’est solide” n’est pas un plan. C’est un plan pour avoir froid, surtout.

Erreur n°4 : oublier que l’eau est partout… mais pas forcément “traversable”

Oui, l’Islande a de l’eau à perte de vue : rivières, cascades, pluie horizontale. Mais le sujet n’est pas “y a-t-il de l’eau ?” Le sujet, c’est : peut-on la traverser, peut-on compter sur tel passage, et sait-on quoi faire si un gué gonfle ?

Sur des treks comme le Laugavegur (souvent couplé à Fimmvörðuháls), certains gués existent et sont connus. Ailleurs, sur des itinéraires plus sauvages, c’est votre jugement qui fait la différence.

Erreurs classiques autour des gués

Bonnes pratiques simples (et non négociables)

Selon les recommandations généralement reprises par les services de secours et acteurs de la sécurité en milieu naturel en Islande, les traversées de rivières figurent parmi les situations à risque récurrentes pour les voyageurs. Ce n’est pas pour vous faire peur : c’est pour vous faire choisir vos batailles.

Erreur n°5 : confondre “sentier balisé” et “orientation facile”

En Islande, il y a des itinéraires très fréquentés, et d’autres où vous pouvez marcher longtemps sans croiser grand monde. Même sur des treks connus, le balisage peut être discret, et la visibilité peut tomber vite : brouillard, pluie dense, neige résiduelle sur les hauts plateaux, lumière plate qui gomme le relief.

Le piège, c’est de se reposer sur :

Ce qui aide vraiment à ne pas se perdre

Question honnête : si le brouillard tombe d’un coup, est-ce que vous savez où est le prochain abri, et à quelle distance ? Si la réponse est “euh”, on ajuste avant de partir.

Erreur n°6 : ne pas planifier le ravitaillement (et découvrir la “faim froide”)

Sur certains treks, vous trouverez des refuges, parfois des services, parfois non. Sur d’autres, il n’y a rien, et “rien” veut dire : pas de boutique, pas de petit café, pas de village qui surgit par magie. Résultat : on sous-estime la quantité de nourriture, ou on part avec des repas peu adaptés au froid et à l’effort.

Ce qui se passe quand on mange mal

Conseils concrets de trekkeurs qui ont eu “la dalle”

Pour les budgets : l’Islande est connue pour un coût de la vie élevé. Sans chiffrer à la louche (on évite, promis), retenez surtout ceci : sur place, compléter ses courses au dernier moment peut coûter plus cher que prévu. Anticiper, c’est souvent économiser.

Erreur n°7 : négliger le sommeil (et découvrir qu’un bon duvet, c’est de la diplomatie intérieure)

Une nuit hachée, ça passe. Deux, ça commence à grincer. Trois, vous devenez ce randonneur qui répond sèchement à tout le monde (même aux cailloux). En Islande, le sommeil est un vrai sujet : vent, humidité, bruit de la toile, parfois beaucoup de lumière selon la saison.

Pièges courants

Le trio qui change la donne

On a déjà voulu “gagner du poids” en prenant un matelas minimal. On a gagné… une nuit à compter les rafales.

Erreur n°8 : oublier que l’Islande, c’est aussi une logistique de transports

Beaucoup de treks islandais sont linéaires : on démarre à un point A et on finit à un point B. Et c’est là que la préparation dépasse le simple sac à dos.

Erreurs fréquentes :

Ce que je recommande en préparation

Chez Les ch’tis trotteurs, on aime les itinéraires qui laissent respirer : une nuit en plus dans une petite ville, un bain chaud quand le corps le réclame, un repas simple mais réconfortant. Ce n’est pas du luxe : c’est du carburant pour repartir bien.

Erreur n°9 : sous-estimer l’impact du terrain sur les articulations

On imagine souvent l’Islande comme un décor “grand angle” : volcans, champs de lave, sable noir. Mais sous les pieds, ça peut être roulant… ou cassant : pierres instables, cendres, zones humides, pentes glissantes, névés tardifs. Et ce terrain, répété des heures, use.

Ce qui aide vraiment (sans discours de coach)

On peut adorer l’aventure et rester soigneux avec son corps. Les deux vont très bien ensemble.

Erreur n°10 : ignorer les règles et l’éthique locale (et abîmer ce qu’on est venu admirer)

L’Islande est robuste dans l’imaginaire. Dans la réalité, certaines zones sont très fragiles : mousses qui mettent des années à repousser, sols volcaniques sensibles à l’érosion, zones humides qui se marquent vite. Et plus il y a de passage, plus l’impact se voit.

Erreurs qu’on peut éviter facilement

Les gestes simples du trek responsable

Et si votre meilleure soirée se passait à cuisiner à l’abri du vent, plutôt qu’à courir après “la” photo ? On gagne souvent à ralentir.

Check-list finale : ce qu’on vérifie la veille du départ (la version qui évite des sueurs froides)

Et ensuite… on dort. Vraiment. Parce que partir à l’aube avec trois heures de sommeil, c’est comme essayer de faire un café avec de l’eau de mer : techniquement, ça ressemble à quelque chose, mais vous allez le regretter.

FAQ : questions qu’on se pose avant un trek en Islande

Quelle est la période la plus simple pour randonner en Islande ?

La plupart des treks “classiques” se font en saison estivale, quand l’accès aux hautes terres est plus probable et que les journées sont longues. Mais “simple” ne veut pas dire “sans météo”. Même en été, on peut avoir du vent froid, de la pluie et des changements rapides. L’important est d’adapter itinéraire et matériel à cette variabilité.

Peut-on faire un trek en Islande avec une tente 2 saisons ?

Ça dépend de votre itinéraire, de votre expérience et des conditions. Le point critique, c’est la tenue au vent et la gestion de l’humidité. Beaucoup de randonneurs privilégient une tente 3 saisons robuste, surtout si vous campez en zones exposées. Si vous partez avec plus léger, compensez par un choix d’emplacements très prudent et un haubanage impeccable.

Faut-il absolument un GPS dédié ?

Pas forcément. Un téléphone avec cartes hors-ligne peut suffire sur des itinéraires fréquentés, à condition de gérer l’autonomie (batterie externe, économie d’énergie) et de savoir se débrouiller sans réseau. Une carte et des compétences de base en orientation restent une sécurité utile, surtout si la visibilité se dégrade.

Les gués sont-ils dangereux sur les treks islandais ?

Ils peuvent l’être, selon le débit, la température de l’eau, le fond et la météo. Le risque augmente souvent plus tard dans la journée (fonte, pluie). Si vous n’êtes pas à l’aise, la meilleure décision est parfois d’attendre, de chercher un passage plus adapté, ou de faire demi-tour. Ce n’est pas un échec : c’est du bon sens.

Comment éviter d’exploser son budget avant même de marcher ?

En simplifiant : limiter les achats “techniques” inutiles, tester ce que vous avez déjà, louer/partager quand c’est possible dans votre entourage, et planifier vos repas pour éviter les achats de dernière minute. Un trek bien préparé, c’est souvent un trek qui coûte moins cher en imprévus.

Article rédigé par

Pauline Vandenberghe